Des gouts et des couleurs...

Livres, Musique, Ciné, DVD, Expo... Mes coups de coeur et mes coups de gueule !!!

27 mai 2011

Jessie J

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18 mars 2011

Moriarty

Il y a les pressés d'un côté et les profiteurs de l'autre. Les membres du groupe franco-américain Moriarty avouent volontiers appartenir à la deuxième catégorie : ils prennent leur temps. Pour assumer cette lenteur nécessaire à la naissance de leurs chansons, ils ont choisi de créer leur propre label, Air Rytmo, pour lequel "The Missing Room" est donc la première parution. Les plus curieux ont eu l'occasion de découvrir quelques-uns de ces titres en concert, puisque Rosemary Standley et ses comparses les ont testés sur scène ces derniers mois, à l'occasion d'une tournée qui prend fin à Paris sous la forme d'une série de concerts programmés à des horaires anarchiques.

Imparable ! L'harmonica et les airs de banjo soufflent continuellement un petit vent de western qui fait chaud sur la peau ("Julie's Gold Candy Cane Tale") tout au long de l'album. Détente maximale, tranquillité déconcertante, zénitude prononcée : on assiste ici au déballage permanent d'une folk poussiéreuse et rêche, qui, avec son authenticité, donne envie de suivre Moriarty peu importe la destination. "Clementine" est peut-être la pièce qui résume le mieux ce deuxième album : on passe d'un calme total à une contraction maximale des nerfs. Rosemary et son timbre patiné ont compris parfaitement le fonctionnement du couple voix-instruments. Enfin un mariage qui fonctionne !

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19 février 2011

Bienvenue dans ma vie

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PJ Harvey

L'arrivée d'un nouvel album de PJ Harvey est toujours un évènement au sein de la scène musicale. Active depuis une vingtaine d'années, la native du comté de Somerset, en Grande-Bretagne, réussit toujours à surprendre son auditoire en oscillant entre rock, jazz, folk et pop au gré de ses divers projets. Quatre ans après "White Chalk", elle signe son retour avec "Let England Shake", dans lequel elle se livre à une critique de la politique de guerre d'hier et d'aujourd'hui de son pays, au travers notamment du parcours d'un soldat envoyé au front. Avec ses complices John Parish et Mick Harvey, elle s'est installée dans une église du XIXe siècle perchée sur une falaise pour enregistrer la douzaine de compositions de ce nouveau disque.


Dans le portrait dressé par PJ Harvey de sa contrée natale, l'Angleterre tremble. Combat des coeurs et des corps, cette collection de ballades est inspirée du passé et du présent guerrier de la Grande-Bretagne. "Let England Shake", "The Last Living Rose" ou encore "The Glorious Land" nous emportent par leurs instrumentations léchées, leurs choeurs aériens ou, plus surprenant, par leurs cors de chasse sonnant le rappel des troupes ! "On Battleship Hill" marque un léger répit avant le déchirant "England", où le désespoir transpire à chaque note. Artiste définitivement inclassable, la chanteuse clôt son récit sur un hymne à l'espoir : "The Colour of the Earth". La Grande-Bretagne tient assurément avec PJ Harvey la plus belle rose de son royaume.

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18 février 2011

Musica Alma Sexo

De la musique, de l'âme, du sexe : tels sont les trois ingrédients que Ricky Martin a souhaité apporter à son neuvième album, un disque quasi intégralement interprété en espagnol et édité six ans après "Life". Entre-temps, le chanteur portoricain n'a pas chômé ; il a juste préféré se consacrer à des activités plus personnelles, comme élever ses deux enfants nés d'une mère porteuse. Enrique Martín Morales, qui avait joué les latin lovers avec succès en 1995 avec "María", doit aujourd'hui conforter sa réputation de gentleman latino doué aussi bien pour séduire que pour faire danser.


Quand il ne joue pas aux sentimentaux caricaturaux ("Cántame Tu Vida", "Frío"), Ricky Martin se souvient sans en rougir du style pop des années 90, qu'il utilise à plusieurs reprises sur cet album ("Será Será"). On remarque au passage de potentiels tubes taillés sur mesure pour plaire ("Más") et deux duos avec des chanteuses, dont la fabuleuse Joss Stone, qui pose sa voix profonde sur la tranquille "The Best Thing About Me Is You", l'une des rares chansons en anglais de ce disque. Papa heureux, Ricky Martin est aussi un sex symbol musical qui possède toujours la recette pour plaire. "Música + Alma + Sexo" tient ses promesses !

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13 février 2011

Nouveau Lady Gaga

Dire qu'il était attendu par les fans de Lady Gaga est un doux euphémisme. "Born This Way " est désormais en écoute sur le site officiel de la chanteuse. S'il n'est pas révolutionnaire, le nouveau titre de la chanteuse risque de faire danser les foules. Hymne disco, pop et électro, il n'est pas sans rappeler certains titres de Madonna comme "Vogue" ou encore "Express Yourself", ainsi que "When Love Takes Over" de David Guetta. Après "Poker Face", "Bad Romance" et "Alejandro", la chanteuse tient certainement un nouveau hit qui risque de passer en boucle sur les ondes.


Sujet d'un buzz savamment orchestré par son interprète depuis plusieurs semaines, "Born This Way" annonce la sortie de l'album éponyme de Lady Gaga, attendu le 23 mai. Ses fans attendent désormais de découvrir la vidéo du morceau qui devrait créer l'évènement. Coutumière de clips à l'esthétique atypique, la chanteuse préparerait quelques surprises pour celle-ci. Il se murmure notamment qu'elle aurait fait appel à des transsexuels pour le tournage de la vidéo.

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Coeur de Pirate

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02 janvier 2010

Irm

Charlotte, ou le glamour pudique

Deux décennies pour se défaire de l’arbre généalogique. Un temps long pour sortir de l’ombre que le génie du père n’a cessé d’étendre sur elle. L’affaire Charlotte Gainsbourg pourrait au fond tenir en ces termes triviaux, qui quantifient la peine nécessaire pour alléger le legs musical laissé par un géniteur encombrant. Mettre fin, ne serait-ce que artistiquement, à la lourde filiation peut se résumer chez elle à un exercice gourmand en temps, à une démarche passible de brûler une partie de la jeunesse. Alors oui, Charlotte Gainsbourg a passé la moitié de son temps à essayer d’oublier. Alors que ses débuts musicaux se sont profilés en 1984, elle a peut-être atteint l’émancipation aujourd’hui, aux portes de la quarantaine. Son troisième album, IRM, arrive 25 ans après les sulfureux et troublants débuts que lui avait tracés son père Serge avec «Lemon Incest». Une éternité s’est depuis lors écoulée.

41e0PqzeFoLElle aura été nécessaire pour trouver le ton, les mots, des notes et surtout l’envie de jouer dans le terrain que dominait son père. Il y a trois ans seulement, le tournant s’amorçait déjà. Avec 5:55, la chanteuse prenait l’envol, se défaisait du raté de Charlotte Forever et se retrouvait au centre d’un succès commercial inattendu: plus d’un million de copies écoulées dans le monde. Voilà qui donne les armes de la persévérance. Des armes particulières, à vrai dire, qui doivent beaucoup à sa faculté de s’entourer d’artistes qui comptent pour donner de la substance à ses albums, pour les générer et les habiller.

Le problème avec Charlotte, la chanteuse, est sans doute là. Car si l’actrice a fait largement ses preuves avec plus de trente films au CV, deux César et un prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, le talent de l’intermittente de la musique demeure insaisissable, difficile à mesurer. Ainsi, les amateurs du septième art auront été bouleversés par sa performance dans l’éprouvant Antichrist de Lars von Trier. Et ils pourront encore se laisser subjuguer par son magnétisme dans la dernière œuvre de Patrice Chéreau, Persécution. Pendant ce temps, les mélomanes essaieront de saisir la valeur de cette voix diaphane et intimiste qui se greffe sur une musique venue d’ailleurs.

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14 novembre 2009

Serpentine

Depuis six mois, une rumeur dithyrambique les précède. Okou, duo sans frontière, se promène aux franges de la pop, de la world, de la pop, de la chanson.
Elle, s'appelle Tatiana, et vient de Côte d'Ivoire. Lui, se nomme Gilbert, et est d'origine égyptienne. L'un et l'autre ont déjà un riche passé musical, pusiqu'ils ont travaillé avec Keziah Jones, Mick Jagger ou Roy Ellis. Il y a deux ans, ils se sont rencontrés par hasard dans un bar parisien et depuis, ils ne se quittent plus. Au point d'avoir monté un duo, Okou, qui fait une pop, folk, soul voyageuse et très raffinée, un peu dans la lignée d'une Yaël Naïm.
Rien à dire, juste à écouter...


Okou "To The Bone"

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22 septembre 2009

Mister Mystère

Fin de la séquence Soldat rose, bienvenue chez M le maudit. On rigolerait du virage au noir expressionniste de la pochette, à la symbolique un peu épaisse, si Matthieu Chédid ne s’était tenu qu’à des ravalements de façade sans toucher au gros oeuvre. Le grand chantier Mister Mystère (album, bonus en ligne, DVD) ressemble à celui d’une reconstruction intégrale, sans reniement mais sans pitié non plus pour l’ancien amuseur démaquillé à l’acide, dépouillé comme un lapin de sa panoplie chamallow et coupé de son imaginaire puéril de Hendrix taille Playmobil.

413lf_8b7lLUn titre jadis lové dans la Libido de Brigitte Fontaine, Mister Mystère, réapparaît ici aux avant-postes d’un quatrième album qui doit beaucoup à cette marraine un peu succube et experte en dépucelage textuel, frappant ici huit fois dans le M(ille), initiant son filleul aux plaisirs du fiel et aux sens interdits. Entendre le doux rêveur Matthieu chanter des saletés à base de gaule (sur le vertigineux Tanagra), c’est comme apprendre que Casimir pratique le bukkake, ça fiche un sacré coup. Mais, au-delà de la prose épineuse de la soldate rosse de l’île Saint-Louis, c’est musicalement et vocalement que Matthieu Chédid a le plus progressé.

Sa voix parvient à attraper des nuances de blanc médicamenteux et de rouge sanguin qui changent du rose pâle de fausset qui lui servait d’organe sur les précédents. Il a également eu la bonne idée de couper le siphon aux guitares ligne Sinclair, leur substituant des formes instrumentales à la fois simples et savantes, peu chargées en apparence mais dévoilant à l’usage une virtuosité pop au groove subtil (Le Roi des ombres) et une suavité mélodique presque californienne. Témoin L’Elixir, qui évoque de façon troublante, voix comprise, le joli style du surdoué Albin de la Simone, son pote honteusement cloîtré dans l’anonymat, tout comme les Mathieu Boogaerts ou Franck Monnet dont l’influence est ici évidente (Semaine, Phébus).

Chef de file de cette famille éparpillée, Chédid était jusqu’ici le plus malingre artistiquement. Il vient d’un seul coup de prendre de l’étoffe, du coffre, un sexe, une identité, peut-être même un énorme risque vis-à-vis d’un grand public globalement hostile au changement. Mais, comme le lui fait dire en morale de l’histoire la fabuleuse Fontaine sur Destroy : “Au matin renaît, des cendres le diamant.”


M - Le Roi Des Ombres 

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