Des gouts et des couleurs...

Livres, Musique, Ciné, DVD, Expo... Mes coups de coeur et mes coups de gueule !!!

14 mars 2009

Foules sentimentales

Aucun doute, cet homme a du métier... et du talent. Philippe Labro n’a pas son pareil pour captiver le lecteur le plus paresseux. "Les Gens" est un roman dense et complet, généreux et jubilatoire, construit en une succession de courts chapitres alternant trois histoires qui finiront par ne plus en former qu’une seule. Trois univers que l’écrivain et journaliste connaît bien : les Etats-Unis, le monde des médias et celui de la bonne société parisienne.

41m521UERPLLa scène d’ouverture est remarquable par la violence des actes et des sentiments : une jeune fille de 16 ans est jetée au bas d’un camion lors des vendanges dans la Napa Valley en Californie. Sa faute ? Par sa troublante beauté, elle perturbe la communauté des ouvriers agricoles. Tombée dans le ruisseau, Maria se redresse et trouve refuge à San Francisco puis à Paris, où elle croise le chemin de deux êtres très différents, Caroline, une femme qui tente de se reconstruire après une rupture amoureuse, et Marcus Marcus, célèbre animateur de télévision, champion de l’audimat.

A un rythme effréné, Philippe Labro nous entraîne dans le sillage de ces trois personnages. Deux femmes et un homme qui partage un choc, une rupture qui a bouleversé leur vie. Tous souffrent d’un immense mal d’amour : Maria, privée d’une enfance normale, Caroline déstabilisée par la veulerie de son compagnon et Marcus, isolé dans sa tour d’ivoire médiatique. Philippe Labro observe ces êtres blessés avec une grande générosité et décrit finement leur parcours psychologique. Ainsi Maria, par son intelligence et sa détermination, parviendra à reprendre en main son destin au terme d’un long cheminement : "je passais ma vie à absorber les gens et les choses comme une éponge, observer et comprendre et surtout, règle absolue, m’adapter".

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06 mars 2009

Les 50 ans du Petit Nicolas

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Alors que le plus célèbre des écoliers s'apprête à souffler ses 50 bougies, trois événements viennent fêter un demi-siècle d'humour malicieux et bon enfant.

Une idée simple : un petit garçon qui raconte ses aventures dans la cour de récré, comment le proviseur fait "chouic-chouic" quand il marche dans un chewing-gum, ou les colères du surveillant Bouillon. Des prénoms qui font date : Rufus, Alceste, Maixent, Agnan et Clotaire, et les copains rendent l'histoire atemporelle. Plus si petit que ça, le Petit Nicolas revient pour le plaisir de tous et fête ses 50 printemps. Pour fêter l'occasion, trois événements : la sortie d'un recueil d'histoires inédites, une exposition et un film annoncé pour la prochaine rentrée.

Le livre  
Un recueil de 10 histoires dont 8 inédites sort ce jeudi en librairies. Les aventures de notre bambin ont été composées par René Goscinny il y a plus de 50 ans, les manuscrits, précieusement conservés par sa petite-fille Anne, qui a décidé de les publier pour l'occasion. Et les aventures du plus coquin des écoliers n'ont pas pris une ride : Sempé a spécialement réalisé 70 aquarelles pour illustrer ce nouveau recueil classiquement intitulé Le Ballon et autres histoires   . La boucle se ferme avec la publication de   L'Oeuf de Pâques   , la toute première nouvelle parue le 29 mars 1959 dans   Sud-Ouest Dimanche   .  

L'expo  

À l'Hôtel de Ville, une rétrospective débute vendredi à travers 160 dessins originaux de Sempé, ainsi que des manuscrits inédits puisés dans les archives de Goscinny. La gestation de l'oeuvre et de notre héros en culotte courte est dévoilée au public. L'exposition se déroule entre 10 heures et 19 heures, en entrée libre.

Le film  

Une sortie au cinéma, adaptation de Laurent Tirard, accompagnera la prochaine rentrée des classes. Au casting : Kad Mérad et Valérie Lemercier seront les parents, Sandrine Kiberlain la maîtresse d'école et Danny Boon interprétera le rôle du papa sympa. Maxime Godart, 10 ans, incarnera notre héros. À la télévision, une série de 52 épisodes de treize minutes seront prochainement réalisés en dessin animé 3D.

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28 février 2009

La perversité du goût français

Les Malveillantes

Après avoir suscité la controverse en France et été fraîchement reçu en Allemagne, Les Bienveillantes, le roman monstrueux de Jonathan Littell, vient de paraître en traduction anglaise. A l’aune de la critique furibarde, lundi, du New York Times , l’odeur de soufre exhalée par le livre n’est pas près de s’évaporer.

3511_littellParu en 2006, s’est vendu depuis lors à plus de 700 000 exemplaires. Le roman évoque les atrocités nazies pendant la Seconde Guerre mondiale du point de vue d’un bourreau pervers, l’Obersturmbannführer SS Max Aue. Rien n’est épargné au lecteur de ce pavé d’un peu moins de 1000 pages, écrit en français par un Américain élevé en France, ancien travailleur humanitaire.

En Allemagne, un critique avait traité Jonathan Littell de «pornographe de la violence». Michiko Kakutani, fameuse critique littéraire du (et Prix Pulitzer), n’a pas assez de mots pour exprimer sa révulsion à la lecture de The Kindly Ones : «Les fans exubérants du roman semblent avoir confondu la perversité avec l’audace, la prétention avec l’ambition, une acrobatie odieuse avec une intelligence antithétique.»

Non contente de tirer à vue, Michiko Kaktani dégaine aussi ses références culturelles: «Vraiment, ces presque 1000 pages se lisent comme si les mémoires du commandant d’Auschwitz  avaient été réécrites par un mauvais imitateur de Genet et de Sade, ou par le narrateur tordu d’American Psycho de Brett Easton Ellis après le visionnement répété de Portier de nuit et des Damnés

Et de s’en prendre aux Français: «Qu’un tel roman ait pu obtenir deux des principaux prix littéraires en France n’est pas seulement un exemple de la perversité occasionnel du goût français, mais il montre aussi combien les attitudes littéraires envers l’Holocauste ont drastiquement changé lors des dernières décennies… Nous avons désormais atteint le point où le portrait de plus de 900 pages d’un nazi psychopathe, évoquant avec force détails histrioniques les barbaries des camps, est acclamé par Le Monde comme un «triomphe stupéfiant».

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22 décembre 2008

Putain de guerre

Journal de guerre


Jacques Tardi n'en aura jamais fini avec la Grande Guerre, qui continue de provoquer en lui le ­même « effarement » qui le révolte et l'inspire. Il y a quinze ans, cela donnait un chef-d'oeuvre, C'était la guerre des tranchées.
514vUHQJwJLAujour­d'hui, il revient sur ses pas, épaulé par l'historien Jean-Pierre Verney, son conseiller depuis des lustres, qui raconte, en complément, l'évolution du conflit année par année. Hanté par la même interro­gation – comment des millions d'hommes ont-ils vécu cet enfer ? –, le dessinateur prolonge, creuse, approfondit sa quête.
Son héros (malgré lui) est un bidasse parisien, « ou­vrier tourneur en métaux de la rue des Panoyaux », qui monologue et que Tardi accompagne dans un voyage au bout d'une nuit interminable. En trois dessins panoramiques par page, il cadre l'horreur au plus près des terreurs individuelles et des carnages collectifs, plongeant dans l'absurde et l'ignominieux quotidien, avec une puissance évocatrice hors du commun : personne mieux que lui n'a su montrer la « boucherie » que provoque l'explosion d'un obus dans les tranchées... Le personnage central est de fiction, mais il est enserré dans un réseau si dense de détails, d'anecdotes et de faits vrais que ce livre devient, au fil des pages, un authentique livre d'histoire. Et aussi un beau mémorial où bouillonnent, étroitement ­imbriquées, la révolte impuissante d'un modeste tourneur parisien et l'indignation inextinguible de son créateur, plus inspiré que jamais.

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13 décembre 2008

Qu'ai-je donc fait ?

Sa vie, son oeuvre


Il n'en finit pas de tirer sa révérence, Jean d'Ormesson. A croire que l'exercice le maintient en forme. Après «Au revoir et merci» (1966), «C'était bien» (2003) et «Odeur du temps» (2007), son nouveau testament s'appelle: «Qu'ai-je donc fait». De la part de cet inconditionnel de Chateaubriand, c'est une sorte de bilan d'outre-tombe.
ormesson_2Il s'y souvient de ses oncles de «l'avant-dernier siècle» et, prétendant chausser les lunettes de Bourdieu pour mieux avoir l'oeil de Proust, déchiffre les codes de son enfance. Parce qu'il «préfère se répéter à se contredire», il revient sur la gloire de son père, chez qui «régnait l'amour de la République», le château de sa mère, où l'on «s'habillait» après la chasse à courre pour venir à table, et «le changement de décor» qu'impliqua son entrée au lycée Henri-IV, où ses condisciples préférés, de Claude Lefort à J. B. Pontalis, étaient tous «plus ou moins trotskistes».
Se raconter ainsi au passé composé, qui est le temps de l'accompli, voilà bien des manières d'Immortel. Dans l'ensemble, pourtant, l'académicien et ancien directeur du «Figaro» ne s'épargne guère.
Qu'a-t-il fait de sa vie si bien remplie? «Pas grand-chose.» Mais encore? «Rien, bien entendu.» Plus optimiste: «Il n'est pas exclu que la réponse soit: rien.» Et puis cela: «J'ai d'abord été un jeune con, j'ai changé: je suis devenu un vieux con.» Sans doute mérite-t-il, comme Chateaubriand, le mot de Sainte-Beuve que citait Gracq: «Le chat lascif, qui veut qu'on le caresse maintenant à rebrousse-poil!»
N'importe. La stratégie de la coquetterie finit par être payante. Et même si l'on soupçonne du culot quand il affirme: «Le culte du moi m'a été étranger», même si l'on bâille un peu lorsque ce sceptique occupe ses méditations à «douter en Dieu», on n'échappe pas au sentiment de lire ici un homme qui a, surtout, d'abord, «essayé d'être libre» comme il l'a pu.

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30 août 2008

La minute prescrite pour l'assaut

Un livre, un blog et une vidéo !

Il était vingt-trois heures quand Kléber et Sarah, qui venaient de se rencontrer, décidèrent de passer la nuit dans le fort d'Ambleteuse.

À cette heure-là, une bombe sale explosait à San Francisco.9782755500097_G

À cette heure-là, un médecin du centre des maladies contagieuses d’Atlanta se suicidait en s’ouvrant les veines à l’aide d’un scalpel : il venait d’observer dans son microscope la dernière mutation du virus de la fièvre hémorragique de Marburg.
À cette heure-là, trois enfants entre neuf et treize ans, l’un à Rio, l’autre à Malmö, le dernier à Shanghai, étaient parvenus au niveau ultime de Dark Hostel. Ils étaient les premiers à réussir cet exploit sur ce jeu virtuel haut de gamme.
À cette heure-là, en France, les Forces spéciales, nouvellement créées sous l'égide secrète de l'Elysée et de quelques grandes entreprises privées, recevaient leur baptême du feu dans les quartiers nord de Marseille.
À cette heure-là, Kléber soupçonnait qu'il vivait le premier instant de la fin du monde. Désormais, sa ligne politique serait: "Encore une minute, m
onsieur le bourreau!" Pour vivre une dernière histoire d'amour, belle et cruelle, avec Sarah, pour fredonner les chansons du monde d'avant, pour déguster un dernier verre de cheverny, pour une dernière conversation avec la Kolkhozienne aux seins nus, pour contempler le ciel étoilé et la mer avant l'ultime échappée dans l'apocalypse totale...

Amis blogueurs, si vous aimez la littérature c'est ce livre qu'il faut acheter !!!


Michel Field / Jérôme Leroy : La Minute prescrite pour

PC (privé pour JSA) : Michel Field aime les héroïnes de ce livre ^^ Attention ;-)

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21 juillet 2008

Les années

Avec le temps

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Le temps des vacances est propice à la pause, au recul.
Annie Ernaux invite son lecteur à un voyage dans le temps récemment écoulé, en remontant sa vie, depuis les années 1940, jusqu'à aujourd'hui. Aucun égotisme chez elle, mais au contraire une mémoire qui voit large, qui retrouve chaque époque dans son ensemble, s'attachant à décrire les impressions, les images, les événements, les marques, les sentiments qui lui donnaient alors sa teinte particulière.
Une tentative remarquable de capter le temps qui s'écoule.

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18 juin 2008

Blogueurs, l'édition a besoin de vous

Une saison des scorpions de Bernardo "Bef" Fernandez

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La cavale mexicaine d'un sympathique tueur à gages qui a décidé de raccrocher et se trouve pris dans une série de quiproquos délirants. Son chemin va croiser d’un braqueur de banques yougoslave et de sa fine équipe de « narcojuniors ». La rencontre fera des étincelles…
A la manière du film El Mariachi, de Robert Rodriguez, ou de Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, ce court roman est un « western urbain » drôle et vivant, peuplé de personnages hauts en couleur.


Un livre à déguster bien frais, dont on vous explique en dix points pourquoi il va devenir culte :

1°) VOUS APPRENDREZ CE QUE VEUT VRAIMENT DIRE LA PHRASE : « LE DOCUMENT S’AUTODÉTRUIRA DANS TRENTE SECONDES »

2°) VOUS ROULEREZ DANS UNE IMPALA 70 NOIRE, AVEC DES FLAMMES PEINTES SUR LES CÔTÉS, CE QUI N’EST PAS À LA PORTÉE DE TOUT LE MONDE.

3°) VOUS SAUREZ POURQUOI LA PSYCHOSE MEURTRIÈRE EST LA VALEUR LA MIEUX PARTAGÉE ENTRE SURVIVANTS SHOOTÉS DES GUERRES BALKANIQUES ET NARCOJUNIORS QUI S’ENVOIENT EN L’AIR SUR LES BANQUETTES ARRIÈRES.

4°) VOUS ALLEZ RETROUVER UNE AMBIANCE AUSSI VIOLENTE QUE CELLE D’ APPORTEZ MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA. D’AILLEURS, DEPUIS L’AU-DELÀ, SAM PECKINPAH A FAIT PART DE SON VIF MÉCONTENTEMENT DE NE POUVOIR TOURNER LE LIVRE ET IL CHERCHERAIT À JOINDRE TARENTINO, EN VAIN POUR L’INSTANT.

5°) LES PERSONNANGES DE CE ROMAN DÉTESTENT TOUS LE TRAVAIL, TOUT AU MOINS LE TRAVAIL HONNÊTE. ILS BOIVENT, FUMENT, SE DROGUENT ET FORNIQUENT DANS DES PROPORTIONS MANIFESTEMENT EXAGÉRÉES.

6°) CELA NE LES EMPÊCHE PAS D’ÊTRE DES MORALISTES PROFONDS, DÉLICATS ET PERSPICACES QUI DISPENSENT MAXIMES ET APHORISMES DE HAUTE TENUE : « IL NE FAUT PAS ÊTRE EN DETTE AVEC UN TRAFIQUANT D’ARMES », « NOUS ALLONS TOUS MOURIR », « BREF, DANS CE PAYS, IL YA BEAUCOUP DE FILS DE PUTE ».

7°) ON RETROUVE DES GÉNÉRAUX CORROMPUS COMME DANS IL ÉTAIT UNE FOIS LA RÉVOLUTION, DES GÉNÉRAUX « DÉVOREURS DE PIMENTS, INCAPABLES DE MAINTENIR UNE ÉRECTION PLUS DE TROIS MINUTES. »

8°) UN USAGE EXCESSIF DES ARMES À FEU EST OBSERVABLE TOUT AU LONG DE CE ROAD-MOVIE. ICI, NE PAS TIRER LE PREMIER PEUT NUIRE GRAVEMENT À LA SANTÉ.

9°) LES MÉCANICIENS SONT POÈTES, LES TUEURS À GAGES CINÉPHILES ET ON AIME MOURIR PRÈS DE LA MER.

10°) LIRE UNE SAISON DE SCORPIONS EST UNE VÉRITABLE EXPÉRIENCE SCHIZOPHRÉNIQUE : C’EST AU MOINS UNE DEMI DOUZAINE DE VOIX QUI VOUS PARLENT SIMULTANÉMENT DE CHOSES AUSSI ESSENTIELLES QUE LE SEXE, LA MORT, LE TEMPS ET LA RECETTE DU « TACO DE VENGEANCE »


Achetez-le et faites passer le message sur vos blogs !!!!!!!!!!!!!!!!

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27 avril 2008

Prix Cervantes

Le poète argentin Juan Gelman couronné

Le roi d’Espagne Juan Carlos a remis au poète une médaille, symbole du prix, lors d’une cérémonie à Alcala De Henares, la ville natale de Miguel de Cervantes Saavedra, l’auteur de "Don Quichotte".

A 77 ans, Juan Gelman est considéré comme le meilleur poète d’Argentine. Il fut autrefois membre des "Montoneros", un groupe de guérilleros d’extrême gauche opposés à la junte militaire au pouvoir à Buenos Aires dans les années 1970 et 1980.
Dans son discours de remerciement, l’écrivain a raconté qu’après avoir été contraint de s’exiler en Europe au milieu des années 1970, c’est la lecture de "Don quichotte" qui l’a aidé à surmonter sa peine.
"A l’époque, ’Don Quichotte’ m’a été d’une immense consolation", s’est-il souvenu. Son fils Marcelo et sa belle-fille Maria Claudia ont tous deux été tués sous la dictature militaire. L’écrivain a ensuite passé des années à tenter de retrouver leur fille, sa petite-fille Macarena, donnée à adopter par la junte, à l’instar de nombreux enfants de dissidents de l’époque.
"Je suis mort plusieurs fois, et je mourais un peu plus chaque fois qu’on m’annonçait l’assassinat d’un nouvel ami ou d’un collègue", a témoigné d’une voix douce l’écrivain, cheveux blancs et regard triste.
Dans un poème intitulé "Retours", publié en 2001, Juan Gelman écrit à son fils: "Tu continues de revenir/ Et je dois te dire que tu es mort".
L’oeuvre de Juan Gelman, qui s’étend sur 50 ans, questionne également son héritage juif, le concept de famille et son expérience d’activiste politique.

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20 janvier 2008

Les dessous du 1er JT de France

Etre journaliste à TF1

Il paraît que le boulot des journalistes, c’est d’informer. Le public, lui, y croit de moins en moins. Selon un sondage TNS-Sofres (publié dans La Croix) réalisé en février 2007, à la question « Pensez-vous que les journalistes résistent aux pressions politiques ? », 63 % des sondés répondent NON. « Pensez-vous qu’ils résistent aux pressions de l’argent ? », 60 % de NON.

Mais du côté coulisse de la scène médiatique, on s’entête à désinformer. Les chefs obéissent aux chefs et les petits copient ou se plient. L’argent, les honneurs, la fierté d’en être. Jusqu’à un certain point. Le 16 janvier 2008, paraît enfin un livre qui démonte la fabrique de l’info à TF1, écrit par ses acteurs, un collectif ( ?) réunis sous un pseudo évocateur, Patrick Le Bel. (« Madame, Monsieur, Bonsoir… » Les dessous du premier JT de France, aux éditions Panama).
A TF1, « un bon sujet est d’abord un sujet qui arrive on time » (p. 80). Quant au contenu, il doit être à la mesure des vraies gens selon TF1, c’est-à-dire vide. Exemple, en septembre dernier, PPDA annonçait que « les téléspectateurs ne savent pas ce qu’est un cabinet (ministériel) » (p. 107). Inutile donc de traiter « à la mesure de ses confrères » des récents « déboires de la ministre de la Justice » avec certains de ses collaborateurs.
Ah, on râle, on râle, chez les journalistes et les grands reporters de TF1, pourtant, ils ont cette chance considérable de pouvoir réaliser un reportage en une grosse demi-journée. L’avantage avec la grosse demi-journée, c’est que ça ne laisse pas le temps de penser. « On ne pense pas ici, on fabrique un journal » (PPDA, cité p. 27). Et parfois pas le temps de vérifier ce qu’on va pourtant crier devant des millions de téléspectateurs (en 2007, TF1 a réalisé en moyenne 30,7 % des parts d’audience) : « Eh bien oui Patrick, les forces de l’ordre semblent enfin venir à bout de l’émeute (tout en priant que cela soit vrai)… » (p. 45).
Que les choses soient claires, « un salarié de TF1, ça ferme sa gueule ou ça s’en va » (p.159). Surtout quand Nicolas est là. Une belle histoire d’août 2006 : Sarkozy « éructe », « il n’en peut plus de voir les sans-papiers de Cachan, femmes et enfants entassés dans un hangar, émouvoir la France tous les soirs ». Il demande que « cela cesse ». Il doit s’y prendre à trois reprises, et la rédaction lève le pied. « Quelques semaines plus tard, le rédacteur en chef du journal incriminé est présent au Club de l’info : l’invité s’appelle… NICOLAS.
Tiens, vous tombez bien ! », l’apostrophe publiquement (vouvoiement rare) Nicolas Sarkozy. « C’est une honte d’avoir laissé passer ce sujet… »
Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un homme politique, réplique le journaliste. Le ton monte. “Vous ne savez pas faire votre boulot !” »
(pp. 40-41).
Le boulot c’est simple, c’est bien faire ce qu’on vous demande de faire.
Mais c’est fini de se plaindre ? Mardi 8 janvier, lors de sa conférence de presse à l’Elysée, Président Sarkozy a promis pour cette année un texte sur la protection des sources des journalistes. Un premier pas vers l’indépendance des journalistes. On y croit !

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