23 avril 2009
Je me souviens de tout
Avec son meilleur souvenir ![]()
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Comment ne pas trouver, avant même d’avoir entendu une note, que le
geste a un panache magnifique ? A quatre-vingt-deux ans, Juliette Gréco
sort un nouvel album, Je me souviens de tout. Ce n’est pas
seulement un album de plus dans une exceptionnelle carrière.
Je me souviens de tout est un album comme beaucoup
d’artistes de trente ans aimeraient en signer, avec pour paroliers Abd
Al Malik, Olivia Ruiz, Maxime Le Forestier, Brigitte Fontaine, Orly
Chap, Christophe Miossec, Marie Nimier, Adrienne Pauly, Valérie Véga – un casting
inédit de jeunes gens et d’auteurs d’expérience, de plumes fantasques
et de néoclassiques… Déjà, en 2003, pour Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez, elle avait convoqué la jeune génération. Mais, cette fois-ci, pas de tentation électro ou d’échappée
post-rock : l’essentiel des mélodies ont été composées par Gérard
Jouannest, qui fut pianiste et compositeur de Jacques Brel avant de
devenir son mari.
Il en
résulte un album d’une ferveur et d’une grâce rares, dans lequel elle
chante à la première personne toutes les couleurs d’une destinée
hors-normes.
Dans quelques semaines, début juin, Gréco s’installera au théâtre des Champs-Elysées, pour une série de concerts exceptionnels. Son nouvel album sonne comme une promesse : oui, elle se souvient de tout.
17 avril 2009
Viva España
Pas de jaloux, chacun en aurait pris pour son grade... Mais, c'est en Espagne, où le président doit se rendre le 27 avril, que les réactions ont été les plus nombreuses. Libération de jeudi a rapporté les propos qu'auraient tenus Nicolas Sarkozy sur ses "collègues" étrangers au cours d'un déjeuner avec des parlementaires. Extraits:
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Barack Obama: "Un esprit
subtil, très intelligent et très charismatique. Mais, il est élu depuis deux
mois et n'a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de
choses sur lesquelles il n'a pas de position". D'après le quotidien,
Sarkozy estime que le président américain "n'est pas toujours au niveau de
décision et d'efficience, dont lui-même ferait preuve". |
Le passage sur
pas très intelligent" est celui qui a fait
couler le plus d'encre. "L'hyperactif" et "vantard" Sarkozy
"s'est surpassé" et a "insulté" le premier ministre espagnol,
relate The Guardian (en anglais),
qui indique que l'Elysée a démenti, mais dont les sources présentes à ce moment
là ont confirmé les déclarations. Le New York Times (en anglais)
fait remarquer que l'Elysée n'a démenti que les commentaires sur Zapatero et
rappelle que Berlusconi en est seulement à sa deuxième réélection. "Sarkozy a déclenché la polémique en mettant en
doute l'intelligence de Zapatero en Espagne", titre El Pais (en espagnol).
12 avril 2009
Chéri
Quand la passion n'a pas d'âge
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Colette est un mythe. Une vie vécue au bout de la plume, celle
de l’écritoire comme celle du cabaret. Une vie admirée, agitée, mais
contrebalancée par l’image rassurante d’une mémère à chats.
Quant à ses livres, notre cinéma les avait servis plutôt
scolairement dans les années 50, sous l’oeil vigilant de la grande
dame. La France est passée à côté
de Colette. Le seul qui a su transposer l’alliance colettienne de
légèreté et de profondeur était un étranger, un Américain, Vincente
Minnelli, dans une flamboyante version de « Gigi ». Avec Stephen
Frears, c’est encore un étranger, britannique cette fois, qui
renouvelle cette performance.
Frears et Colette ? On peut s’étonner de l’attelage, même si le réalisateur anglais avait déjà démontré tout son savoir-faire sur un autre classique français, « Les liaisons dangereuses ». « Tout a l’air si futile et spirituel chez Colette, mais la tristesse se cache sous ce vernis, les sentiments sont suggérés. J’aime les écrans de fumée, ce qui n’est pas dit », explique Frears, avant d’avouer que « Chéri » fut le film le plus difficile de sa carrière, pourtant longue : « Car il fallait sans cesse osciller entre le champagne, le brillant, et le sombre, le tragique. » Oscillation parfaite : « Chéri » est un film élégant, chatoyant, parfois drôle, en même temps qu’une méditation superbe sur le temps qui passe, l’orgueil exacerbé par l’amour, les affres de l’absence. Autre défi pour Frears : rendre aimables deux personnages peu jojo a priori. D’un côté, Chéri, jeune dandy creux et décadent, enfant gâté. De l’autre, Léa, cocotte sur le retour, qui brûle avec lui ses ultimes années de beauté glorieuse, avant de le laisser filer, faussement indifférente, vers un mariage arrangé. En suivant Chéri et Léa dans leurs douleurs d’animaux blessés qui tentent de se dissimuler leur amour, Frears les sauve et atteint le but de Colette : montrer que « ces gens-là », malgré leur milieu, peuvent aussi souffrir honnêtement, dignement. Pureté, émotion : le film va crescendo.
Bien sûr, toutes ces intentions seraient restées lettre morte sans le duo d’acteurs. Tête à claques veule et infantile, Rupert Friend finit par toucher. Quant à la revenante Michelle Pfeiffer, elle est simplement sublime !
Joyeuses Pâques à tous !
05 avril 2009
Piers Faccini
04 avril 2009
"A Woman A Man Walked By"
Eblouissant![]()
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Pour "A Woman A Man Walked By",
PJ Harvey a souhaité partager à 50/50 une nouvelle expérience musicale.
Il faut croire que "Dance Hall At Louse Point", enregistré en 1996 avec
John Parish, l'avait laissée béate d'admiration devant ce super
musicien-producteur connu pour avoir notamment travaillé avec Tracy
Chapman et Eels. Elle s'est donc de nouveau rapprochée de lui pour
bosser sur une série de nouveaux titres, d'abord à domicile, puis dans
un studio de Bristol, où des musiciens ont rejoint le duo ravageur.
C'est la batterie qui possède la lourde tâche d'ouvrir cette oeuvre,
vite rejointe par des guitares électriques qui préfèrent jouer sur la
lourdeur d'une atmosphère plutôt que de tenter de déchirer directement
l'ambiance avec des riffs trop appuyés ("Black Hearted Love"). Polly
Jean Harvey se transforme ensuite en furie sur "Sixteen, Fifteen,
Fourteen", dans une ambiance quasi acoustique entraînante. La diversité
de ces 10 créations vient également de la douce folie de la chanteuse,
qui laisse transparaître son côté 'sorcière folle' sur "Leaving
California", où elle n'hésite pas à monter dans les aigus, sans que
l'auditeur sache vraiment s'il apprécie ou non ce dérapage tout de même
contrôlé. Plus loin, flûte, guitares et autres instruments se
réunissent pour ce que l'on pourrait appeler un joyeux festival
fourre-tout. Original, parfois onirique, ce second fruit de la
collaboration du duo est plus mûr que le premier, donc forcément
délicieux.
Berlusconi au G20
La classe légendaire de Silvio Berlusconi a encore fait merveille.
Quand les membres du G20 se sont réunis pour la traditionnelle photo officielle, le premier ministre n'a pas pu s'empêcher de faire le pitre devant Barack Obama et les autres dirigeants du monde. Pour le premier cliché, Berlusconi a brusquement pris son collègue "jeune, beau et bronzé" par l'épaule en dressant son pouce pour manifester sa joie. Surpris, Obama a gardé un large sourire. La photo, insolite dans ce contexte sérieux, fera certainement le tour du monde.
Pour l'autre séance photo, l'Italien s'est bien tenu... jusqu'à la fin des flashes. "Mister Obamaaaa", a-t-il crié vers le président américain placé derrière la reine Elizabeth II. Sa majesté lui a fait savoir qu'elle n'était pas sourde. "Mais pourquoi doit-il hurler ?!", a-t-elle râlé. Autour, tout ce beau monde s'est franchement marré. Quand les enfants posent pour leur photo de classe, la séance tourne souvent à la rigolade. Le dissipé Silvio, montre que les personnes qui dirigent le monde reste de grands gamins. Mais la reine surveille.
