17 octobre 2007
Herbie Hancock
Le pianiste adopte Joni Mitchell
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Il ne compte plus les fois où son monde l'a honni. A 7 ans, Herbie Hancock tricote un concerto de Mozart devant l'orchestre symphonique de Chicago. Ses parents le pensent déjà rangé; Un Noir parmi les queues-de-pie. Mais il signe un peu plus tard un contrat pour Blue Note, retour à la case communautaire, déception familiale. A la fin des années 1960, il s'en remet, sous l'impulsion de Miles Davis, aux orgues électriques. Les jazzeurs voudraient l'étriper. Comment gâcher un tel toucher sur des instruments sans âme? Hancock persiste. Il dure dans l'échappée belle, s'obstine dans le contre-pied. Fait du swing quand chacun rêve électro-jazz. Patine des rengaines rock quand les comités révolutionnaires préconisent le retour à l'acoustique. Avec une certitude, il reste toujours de l'Hancock en stock (je sais c'est facile :-).

Cet album, le récit circonstancié d'un amour éperdu, ne rassurera
pas davantage les partisans d'une ligne claire. Herbie voulait dire à
Joni Mitchell, une chanteuse qui l'obsède, que ses mélodies ont pour
lui le goût vrillé des plus beaux standards de jazz.
Hancock convoque sa bande. Un collègue de combat, Wayne Shorter en
saxophones, qui est comme le double éthéré de Herbie, qui souffle de
l'air pur entre les densités de Herbie, un frère. Et puis Dave Holland,
autre esprit croisé chez Miles Davis, un contrebassiste qui n'a jamais
enfoncé un seul clou; quatre cordes de dentelle. Lionel Loueke,
guitariste du Bénin, celui par lequel Pat Metheny sera mis en retraite,
ponce les angles. Hancock a opté pour des chanteuses sous influence.
Norah Jones, dans «Court and Spark». Corinne Bailey Rae, sur «River».
De menues mutines qui, elles aussi, ont dessiné de leurs voix fumées
une sorte de voile pudique. Et puis quelques monstres, ça et là.
Leonard Cohen («Jungle Line»), un ami de part et d'autre, qui
ressuscite les Maures, d'un timbre volé aux conteurs de mille et une
nuits. Tina Turner aussi («Edith and the Kingpin»), qui redonne ici
l'envie d'être entendue.
Toute cette entreprise d'hommage serait vite digérée si elle ne
constituait pas d'abord un discours de la méthode. Herbie Hancock a le
doigt si léger qu'il s'interdit de le laisser rôder. Herbie est intransigeant, comme Joni
Mitchell. Et quand ils se rencontrent enfin, sur «Tea Leaf Prophecy»,
ce sont deux têtes chercheuses qui s'évitent en des cieux
inatteignables pour la plupart des autres.
Comment chanter/jouer une
chanson ? Ce disque est un mode d'emploi.
Commentaires
Cet album est une pure merveille
Wake up
Just as "Possibilities" was another historical release for legendary Herbie Hancock he demonstrates in "River" how adept he can be at translating a borrowed melody into his own league of jazz that is palatable for everyone's taste. This time Herbie Hancock and his remarkable assemblage of musicians - all classic and accomplished individually and collectively: Wayne Shorter (soprano and tenor saxophones), Lionel Loueke (guitar), Dave Holland (bass), and Vinnie Colaiuta (drums) created "River: The Joni Letters." Herbbie Hancock chose muses of Mitchell for outstanding vocal performances from Norah Jones and Corinne Bailey Rae but also also weaves craftiness with unlikely vocals from Tina Turner and poetic rhythms of Leonard Cohen to capture the untamed rawness of Mitchell.
The best of the album is the stress-free arrangement of tracks. By that I mean where they are predictably - like "Possibilities", vocals and blistering, sophisticated, smoothly-balanced instrumentals that distinguish this interpretive effort from any ordinary record. My very favorite tracks are: "Both Sides Now," where Wayne Shorter's tenor sax is nothing short of spectacular; and "River" where Corinne Bailey Rae vocals are interwoven in complete complement and contrast with saxophone.
Herbie Hancock animates innovativeness and groundedness again to delight true jazz fans and fans of impeccable music with this new jewel "River" and I absolutely, cover to cover, love it.
Voilà encore un artiste que je connaissais il y a longtemps. Lui, c'était pour ses musiques éléctroniques et son jazz.
C'est bien de voir que la créativité reste intacte chez certains artistes.
Un pur bijou !
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