02 octobre 2007
Fragonard
Fragonard, esprit de son siècle
Célèbre pour ses scènes galantes et leurs déshabillés coquins, Fragonard fut
aussi, on le sait moins, un peintre cultivé, inspiré par les grandes oeuvres
littéraires de son temps, comme veut le montrer "Fragonard, les plaisirs
d'un siècle" au musée Jacquemart-André à Paris.
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) est entré "de son vivant au
purgatoire de l'histoire de l'art", souligne Marie-Anne Dupuy-Vachey,
commissaire de cette exposition qui présente, du 3 octobre au 13 janvier 2008,
une centaine de toiles et de dessins de l'artiste, dont certains inédits. Le
célèbre peintre du "Verrou" ou de "L'Escarpolette" a
souffert à la fin de sa vie d'un discrédit qui dure encore. La dernière grande
exposition en France sur Fragonard remonte à il y a 20 ans, au Grand Palais, et
le bicentenaire de sa mort, l'an dernier, est passé inaperçu.

"Fragonard, les plaisirs d'un siècle" se propose donc de
"donner des clefs pour une vision plus juste, plus équilibrée" de
cette œuvre avec de nombreuses oeuvres peu montrées, dont beaucoup viennent de
collections privées.
Ni rétrospective, ni chronologique, l'exposition a choisi de présenter les
pièces de l'artiste par grands thèmes, la peinture d'histoire, les scènes
galantes, les scènes champêtres et familiales, les portraits, etc.
Prix de Rome pour un grand tableau de peinture d'histoire biblique,
Fragonard s'inspire du poète grec Lucien pour son "Séléné contemplant
Endymion", de la Jérusalem Délivrée du Tasse pour peindre le héros Renaud,
mais aussi de Marmontel, Restif de la Bretonne, Rousseau ou Diderot. Une salle
entière de l'exposition est consacrée aux illustrations qu'il a réalisées des
"Contes" de La Fontaine, beaucoup moins connus que les Fables et
beaucoup plus égrillards. Fragonard fut également illustrateur de L'Arioste et
son Roland Furieux ainsi que du Don Quichotte de Cervantes, dont l'exposition
montre des dizaines de feuilles d'une grande beauté, d'ordinaire dispersées et
là exceptionnellement réunies.
De la vie de Fragonard, on sait peu de choses, tout comme il est délicat de dater les oeuvres d'un artiste qui, de plus, ne signait pratiquement jamais. Ces toiles étaient-elles des commandes, relevaient-elles de l'initiative personnelle, s'interroge la commissaire qui veut croire que ces oeuvres "relevaient de son propre plaisir".



Je l'ai vu tout à l'heure et il n'y a pas de quoi se relever la nuit... Cela étant dit, ce n'est pas du tout le genre de peinture qui me plait, ce qui explique sans aucun doute mon aversion !