Des gouts et des couleurs...

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07 août 2007

Belle du Seigneur

Au détour d'une conversation avec...

L'histoire éditoriale de Belle du Seigneur est à elle seule un roman. Commencée en 1935, promise au public dès 1938, cette merveille des merveilles ne vit le jour, après force coupes et remaniements, qu'en 1968. Bien que le moment fût peu propice aux succès littéraires, Albert Cohen fit un malheur - et un malheur si durable que les éditions Gallimard jugèrent tout à fait prématuré d'envisager une édition de poche. Mieux, la Belle revêtit la reliure en peau de mouton havane de La Pléiade avant d'enfiler le modeste cartonnage blanc de la collection Folio. C'est seulement aujourd'hui, au bout de trente ans, qu'elle est enfin offerte à toutes les bourses. Une occasion à saisir pour assister à la rencontre de Solal et d'Ariane, d'un haut fonctionnaire de la SDN et d'une bourgeoise mal mariée, d'un aristocrate juif cosmopolite et d'une divine protestante genevoise.

Pendant plus de mille pages, Cohen mélange les genres: l'hymne à l'amour, la satire, le monologue avant-gardiste, la tragicomédie, la critique de mœurs, l'humour lyrique. Il hausse le ton, il force sa voix, il imite les accents les plus divers, il s'expose à tous les dangers, y compris au ridicule, il multiplie les acrobaties. Sans filet. Et jamais il ne trébuche. C'est incroyable. On a souvent envie d'applaudir. Parfois on n'en croit pas ses yeux. Car, depuis un demi-siècle, il n'y a pas eu cinq romans de langue française qui virevoltent à pareille altitude.

Posté par va33 à 15:54 - Livres - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

    l'un des plus grand livre a mon humble avis.

    Posté par james, 08 août 2007 à 01:45
  • Un humour grincant, un amour désespéré de l'homme, des descriptions d'une precision de chirurgien qui incise là où cela fait mal avec l'espoir de la guérison ! Quelle description de l'attendrissante et merveilleuse vanité humaine ! Pour tous les amoureux... (malgré tout) de l'humanite.

    Posté par Pierre76, 08 août 2007 à 10:38
  • What an amazing book

    I can't think of many books that can trace the story of a love affair the way this book does. Like an arc, it starts with animosity and goes through flirtation, infatuation, love, obsession, and descends into distate, resentment, morbidity. This book exhausts emotionally and absorbs intellectually. Solal and Ariane are so complicated and interesting as characters; and what an utter twit Ariane's husband is!

    Posté par Will, 08 août 2007 à 10:47
  • Et dire qu'on persiste

    à vouloir tomber amoureux. Qu'on insiste à vouloir augmenter le phénomène chimique horizontal et conditionnel d'une verticalité spirituelle et inconditionnelle.

    Posté par libou, 08 août 2007 à 17:42
  • Sans doute le plus beau roman d'amour de tous les temps mais aussi le plus lucide et le plus cruel. L'amour n'est qu'apparences, semble nous dire Albert Cohen et certains de ses personnages ne sont pas dupes ( voir la première apparition de Solal déguisé en vieillard édenté). Mais plus que cette histoire d'amour, c'est l'écriture d'Albert Cohen qui m'a séduite : foisonnante (l'édition de poche contient mille pages, une phrase peut s'étaler sur plusieurs lignes), imagée. Ceux qui iront jusqu'au bout n'auront qu'une envie : le relire.

    Posté par Felix, 08 août 2007 à 18:58
  • Aaah! BELLE DU SEIGNEUR ... On m'en avait tellement parlé que je l'ai ouvert avec émotion et ... je ne regrette pas!
    Les premières 500 pages sont drôles, satiriques. Les 500 dernières, magnifiques et bouleversantes.
    Ce roman fait peur. On n'envie pas Solal et Ariane, on regrette presque leur rencontre.
    En refermant ce livre, le retour à la réalité est dur, très dur. On veut pleurer, crier, on est mal, on veut changer l'histoire ... et pourtant ... on n'en changerai pas une ligne .... tant ce roman est parfait!

    Posté par Nath, 09 août 2007 à 11:22
  • The reason that I read and re-read this book, time and again (I'm currently on my sixth, and far from last, go-round) is because this book never fails to make me laugh. It is genuinely funny, and if any of you are at all familiar with the work of the Canadian comic book artist Dave Sim, who did a really great run of stories about an aardvark named Cerebus, which was absolutely fantastic until it turned to sh--crap, then you'll be pleased to learn that this novel features not one, not two, not even three, but FOUR Groucho Marx impersonators, all of whom are Solal's uncles, running around and generally making things worse than you could possibly imagine. And anyone who's ever held down a time-wasting government job (like I have) will more than relate to the portrait of the timewasting class-hopping jerks of the League of Nations.
    The love story isn't really a love story, either, which is why I enjoy reading this in public, with its tawdry cover, and making people think I'm some sort of romantic dolt, when the truth is that I just love a good comedy, and this is one of the best. You really can't go wrong with this book, and I can't recommend it highly enough. In fact, I'm going to put this up on the amazon page and then promptly return to reading it. Again.

    Posté par Joan, 10 août 2007 à 18:16
  • Chef d'oeuvre absolu

    Si il ne doit rester qu'un seul livre pour tout le XX eme siècle, je suis sur que ce doit être celui là. C'est un chef d'oeuvre absolu, une perfection et un aboutissement qui font de ce roman Le livre total, un peu sur le même mode que Citizen Kane pour le cinéma, dont on évoque souvent la réussite "totale" (fonds, forme). Le plus beau livre dans la plus belle des éditions, un sommet de culture Française.

    Posté par Felix, 11 août 2007 à 20:30

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